L’Apothicairerie des sentiments s’avance discrètement dans le catalogue de BMR, mais avec un positionnement qui intrigue déjà les lecteurs et lectrices de romance historique. Entre intrigues de Cour, enquête sentimentale et triangle amoureux, L’Apothicairerie des sentiments, signé Juliette Oksen, s’inscrit dans cette veine très actuelle des romances historiques qui regardent autant du côté du romanesque que de la manipulation des sentiments. Une sortie numérique fin décembre 2025, pensée comme un pari mesuré, mais stratégique, pour BMR.
Sortie de L’Apothicairerie des sentiments : une romance historique BMR ancrée à la cour de Louis XIV

Disponible pour l’instant uniquement en version numérique, L’Apothicairerie des sentiments a été mise en ligne le 30 décembre 2025 sur les plateformes partenaires de BMR et Hachette. Le roman s’inscrit dans le registre historique de l’éditeur, avec un cadre immédiatement identifiable : la France de Louis XIV, entre Paris et les coulisses feutrées (et souvent cruelles) de la Cour.
Le point de départ joue sur un contraste efficace. Violette hérite d’une apothicairerie endettée, plus familière des remèdes et des ruelles sombres que des dorures versaillaises. Pour survivre, elle détourne son savoir-faire : avec Lucien, son ami d’enfance, elle mène des enquêtes sentimentales pour une clientèle fortunée. Jusqu’au jour où une mission les propulse au cœur du pouvoir, sous une fausse identité, avec une règle simple et dangereuse : séduire pour mieux tester la fidélité.
Ce choix du format numérique n’est pas anodin, et même plutôt courant chez l’éditeur. BMR continue d’expérimenter avec des romances historiques pensées pour une lecture fluide, immédiate, presque feuilletonnante, tout en conservant des univers solides et documentés. Une manière de jauger l’intérêt du public avant, peut-être, d’autres déclinaisons.
Intrigues de Cour et triangles amoureux : pourquoi L’Apothicairerie des sentiments intrigue déjà ?
Ce qui distingue L’Apothicairerie des sentiments dans le paysage de la romance historique française, c’est peut-être bien sa mécanique narrative. Le roman ne se contente pas d’un simple face-à-face amoureux. Il installe un triangle implicite entre Violette, Lucien et Édouard Sauvage, jeune noble mystérieux qu’elle doit piéger… au risque de tomber dans son propre jeu.
La Cour de Louis XIV devient ici un terrain d’expérimentation émotionnelle. Derrière les bals et les apparences, les sentiments sont testés, manipulés, instrumentalisés. Violette avance masquée, Lucien observe à distance, prisonnier de non-dits, tandis qu’Édouard incarne apparemment à la fois la tentation et le danger. Le roman joue sur une tension constante entre rôle social et désir, un thème qui résonne fortement avec les attentes actuelles du genre.
Avec son slogan « À l’apothicairerie, on soigne les corps. À la Cour, on manipule les cœurs. » le livre affiche clairement son ambition : proposer une romance historique accessible, mais consciente des rapports de pouvoir, de classe et de domination qui traversent son époque. Une approche qui pourrait bien faire de L’Apothicairerie des sentiments l’une des curiosités les plus commentées du catalogue BMR en ce début 2026 malgré (ou grâce à) sa sortie numérique discrète.


