Présenté comme la rencontre entre Hunger Games et la mythologie grecque, The Immortal Games d’Annaliese Avery, publié en VF chez Bayard, s’inscrit dans la vague des fantasy young adult à concept fort. Compétition mortelle orchestrée par les dieux de l’Olympe, héroïne animée par la vengeance, romance en toile de fond : le roman coche toutes les cases d’un pitch ultra efficace. Reste à savoir si l’exécution est à la hauteur de la promesse.
📖 The Immortal Games d’Annaliese Avery
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Un concours mortel orchestré par les dieux : le résumé de The Immortal Games

Dans The Immortal Games, Ara, 16 ans, n’a qu’un objectif : venger la mort de sa sœur, dont elle tient Zeus pour responsable. Lorsque s’ouvrent les Jeux Immortels, une compétition magique où les dieux choisissent chacun un humain pour les représenter, elle obtient, grâce à Hadès, une opportunité inespérée d’y participer.
Le principe est simple, du moins en apparence : chaque dieu parraine un champion, peut l’aider à sa manière, mais reste soumis aux règles impitoyables du jeu. Les épreuves s’enchaînent, les alliances se nouent, et l’Olympe observe. Les dieux ne sont pas de simples figures mythologiques lointaines : ils sont omniprésents, stratèges, parfois cruels, toujours fascinés par le spectacle.
Au fil des épreuves, Ara doit composer avec la survie, la vengeance, et des sentiments inattendus qui viennent troubler sa trajectoire. Car dans ces Jeux précisément, c’est peut-être bien son propre coeur qui pourrait devenir l’élément le plus dangereux.
Un concept irrésistible : pourquoi le pitch séduit immédiatement ?
Difficile de nier l’efficacité du positionnement. Associer une compétition mortelle à la Hunger Games (référence devenue presque universelle en young adult) à la mythologie grecque, l’un des imaginaires les plus exploités et les plus populaires de la culture contemporaine, relève d’une stratégie plus qu’efficace.
Les dieux de l’Olympe constituent un socle narratif immédiatement identifiable. Zeus, Hadès, les rivalités divines : tout est déjà inscrit dans la mémoire collective. En y ajoutant un système de Jeux où des adolescents sont sélectionnés pour s’affronter sous le regard de puissances supérieures, le roman s’appuie sur une mécanique qui a déjà fait ses preuves.
Et le constat est simple : en une phrase, le livre intrigue. Le pitch fonctionne. Il attire. Il donne envie d’en savoir plus.

Entre accessibilité et intensité : un traitement plus sage qu’attendu ?
À la lecture, The Immortal Games se révèle toutefois plus accessible que spectaculaire. Les épreuves, bien que présentes, ne plongent pas toujours le lecteur dans une tension constante. Là où l’on pourrait attendre une atmosphère d’arène étouffante ou une brutalité implacable, le roman privilégie un rythme plus fluide, davantage orienté vers la découverte de l’univers et des dynamiques entre personnages.

Ce choix n’est pas nécessairement un défaut. Il inscrit le livre dans une fantasy young adult lisible, claire, qui ne cherche pas à écraser son lectorat sous une complexité excessive. En revanche, l’écart entre la promesse initiale et l’intensité réelle peut surprendre ceux qui espéraient une expérience plus radicale.
La romance, quant à elle, occupe une place notable dans le récit. Installée rapidement, elle participe à la dimension émotionnelle du roman, mais pourra diviser selon la sensibilité des lecteurs, notamment dans la dynamique qui se met en place autour d’Ara.
Faut-il lire The Immortal Games d’Annaliese Avery ?
The Immortal Games d’Annaliese Avery s’adresse avant tout aux amateurs de fantasy young adult qui recherchent un univers efficace, des figures mythologiques fortes et une lecture immersive sans être excessivement sombre ou complexe.
Le concept est indéniablement séduisant. L’exécution, plus mesurée, privilégie l’accessibilité à l’intensité brute. Pour certains, ce sera une porte d’entrée idéale dans la fantasy inspirée de la mythologie grecque. Pour d’autres, l’envie d’un traitement plus profond pourra laisser une légère frustration.
Reste une question intéressante, au-delà du cas de ce roman : à l’ère des pitchs comparatifs et des formules “X rencontre Y”, la puissance d’un concept suffit-elle à façonner une œuvre mémorable, ou élève-t-elle simplement le niveau d’attente ?

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Le roman reprend le principe d’une compétition mortelle supervisée par des figures de pouvoir, ici les dieux de l’Olympe. Cependant, l’univers et les enjeux restent ancrés dans la mythologie grecque. Il ne s’agit en outre pas d’un battle royale.
Le livre s’appuie sur un socle mythologique solide, mais propose une réécriture libre adaptée au format fantasy young adult.
Le roman s’adresse principalement aux lecteurs adolescents et jeunes adultes, amateurs de fantasy accessible. Selon l’éditeur français, le livre est à lire à partir de 13 ans.
Oui, la romance occupe une place importante dans l’intrigue et participe aux tensions émotionnelles du récit.
À ce jour, aucun tome 2 ni volume compagnon de The Immortal Games n’a été publié en version originale. La structure du roman et sa conclusion donnent davantage l’impression d’un récit autonome que d’un premier volet ouvert sur une longue saga. Sauf annonce ultérieure de l’autrice ou de l’éditeur, le livre semble donc fonctionner comme un one-shot.

