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Tori Woods reconnue coupable par la justice australienne

Le 10 février 2026, la Blacktown Local Court, en Nouvelle-Galles du Sud (Australie), a reconnu coupable l’autrice australienne Tori Woods (de son vrai nom Lauren Ashley Mastrosa) de trois chefs liés à la production, la possession et la diffusion de « child abuse material« . En cause : son roman auto-édité Daddy’s Little Toy, une dark romance centrée sur une dynamique Daddy Dom/Little Girl. Une décision qui relance un débat sensible : jusqu’où la fiction peut-elle aller ?

Verdict du 10 février 2026 : Tori Woods condamnée pour « child abuse material » en Nouvelle-Galles du Sud

Selon le Guardian, Le 10 février 2026, la magistrate Bree Chisholm, siégeant à la Blacktown Local Court (Nouvelle-Galles du Sud), a déclaré Lauren Ashley Mastrosa coupable :

  • d’un chef de production de « child abuse material » ;
  • d’un chef de possession de « child abuse material »,
  • d’un chef de diffusion de « child abuse material ».

En français, on pourrait traduire le « child abuse material » par « matériel mettant en scène des abus sur les enfants« .

La peine n’a pas encore été prononcée : une audience est prévue le 28 avril 2026. L’autrice reste en liberté sous caution dans l’attente de cette décision.

La justice australienne a estimé que, malgré la mention explicite des 18 ans du personnage principal dans le texte, certaines scènes et éléments narratifs faisaient apparaître Lucy comme une enfant dans le cadre d’actes sexuels, ce qui tombe, selon la cour, sous la définition légale du « child abuse material ».

Daddy’s Little Toy : résumé du roman et éléments retenus par la cour

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Publié en auto-édition en mars 2025, Daddy’s Little Toy (parfois appelé en ligne Daddy’s Little Girl) met en scène Lucy, 18 ans, et Arthur, un homme beaucoup plus âgé, ami de son père, dans une dynamique DD/lg (Daddy Dom / Little Girl).

Le livre s’inscrit dans la mouvance de certaines dark romances explorant des fantasmes tabous et des dynamiques de pouvoir marquées. Toutefois, plusieurs éléments ont été relevés par l’accusation, puis par la magistrate, comme déterminants dans la qualification pénale :

  • Lucy travaille dans un magasin de jouets ;
  • elle porte des vêtements associés à l’enfance ;
  • elle utilise un langage infantile (par exemple “wee-wee”) ;
  • elle porte des couches dans certaines scènes ;
  • elle joue avec des jouets de tout-petits ;
  • certaines scènes incluent des bains donnés par Arthur.

La couverture pastel composée de cubes de lettres rappelant des jouets d’enfant a également été mentionnée dans les débats comme renforçant l’association à la petite enfance.

Pour la magistrate, l’ensemble de ces éléments conduit un « lecteur raisonnable » à visualiser un très jeune enfant dans des scènes sexuelles, indépendamment de la mention d’un âge légal ailleurs dans le roman.

Chronologie de l’affaire Tori Woods : de la publication en mars 2025 au jugement de février 2026

Tori Woods condamnée par la justice australienne

Mars 2025 : Daddy’s Little Toy est publié en ligne et distribué à des ARC readers. Rapidement, des lectrices et lecteurs signalent l’ouvrage à l’Australian Centre to Counter Child Exploitation (ACCCE), estimant qu’il pourrait relever d’un cas de matériel mettant en scène des abus sur enfant.

L’ACCCE transmet le dossier à la police fédérale australienne et à la police de Nouvelle-Galles du Sud. Une perquisition a lieu au domicile de l’autrice, à Quakers Hill (Sydney). Seize exemplaires papier du roman sont saisis.

L’autrice est inculpée pour production, possession et diffusion de « child abuse material », puis remise en liberté sous caution.

En 2025, lors des audiences préliminaires, Lauren Ashley Mastrosa plaide non coupable et affirme être « horrifiée » que son livre soit perçu comme pédocriminel, soutenant qu’il s’agit d’un role-play extrême entre adultes consentants.

Le 10 février 2026, la Blacktown Local Court rend son verdict de culpabilité. L’audience de détermination de la peine est fixée au 28 avril 2026.

Daddy Dom / Little Girl (DD/lg) et droit australien : pourquoi la mention des « 18 ans » n’a pas suffi

Le cœur du débat judiciaire ne portait pas sur l’existence d’un kink en tant que tel, mais sur la représentation produite par le texte dans le livre Daddy’s Little Toy.

La défense a soutenu que :

  • Lucy est explicitement majeure (18 ans) dans le récit ;
  • le roman relève d’un kink adulte consensuel (Daddy Dom/Little Girl) ;
  • la loi sur le « child abuse material » n’était pas destinée à viser des œuvres de fiction entre adultes.

Cependant, la magistrate Bree Chisholm a estimé que, dans certaines scènes, Lucy est décrite de manière si infantilisée que le lecteur est amené à la percevoir comme une enfant au moment des actes sexuels.

Autrement dit, la mention formelle de la majorité n’a pas suffi à écarter la qualification légale si, dans le fond du texte, la représentation produite est celle d’un enfant.

Dark romance et limites juridiques : quelles conséquences après l’affaire Tori Woods ?

Au-delà du cas individuel de Lauren Ashley Mastrosa, cette affaire pose des questions plus larges pour la dark romance, l’auto-édition et les représentations extrêmes :

  • Comment les juridictions interprètent-elles la fiction érotique dites transgressive ?
  • Où se situe la frontière entre role-play adulte et représentation pénalement répréhensible ?
  • La jurisprudence australienne pourrait-elle influencer d’autres pays ?

Dans un contexte où la dark romance explore de plus en plus des dynamiques extrêmes, la décision rendue le 10 février 2026 pourrait servir de référence dans les futurs débats.

La peine encourue par Lauren Ashley Mastrosa n’est pas encore connue. L’audience du 28 avril 2026 déterminera les conséquences pénales concrètes de ce verdict.

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Basilic Tropical est un projet porté par Anaïs, une journaliste et créatrice de contenu littéraire, spécialisée dans la romance et les littératures de l’imaginaire. À travers articles, vidéos et décryptages, le projet analyse les tendances éditoriales, interroge les succès actuels et met en lumière des œuvres et des genres encore trop souvent laissés-pour-compte dans les médias littéraires traditionnels. The Romance Times est la suite logique du projet initié via les réseaux sociaux et le site Basilic Tropical.

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Comments
  • Joannie

    Wow, faut admettre que même transgressive, +18 et dans le cadre d’un RP entre adultes consentants, la littérature ne peut servir des fantasmes plus limite qu’un mauvais sujet de « c’est mon choix ». Ce n’est que mon humble avis, mais la justice australienne a bien fait de se saisir de la chose. Narrativement parlant, l’autrice a une responsabilité dans sa manière d’écrire et de présenter son contenu, et si celui-ci a été reçu de cette manière par le lectorat, c’est que le ton d’écriture et le dosage de « transgressif » était mal maîtrisé.

    février 11, 2026
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