La romantasy a désormais sa propre librairie au Royaume-Uni. Depuis le 4 juillet 2026, Bad Girl Books accueille les lecteurices à Oxford avec une particularité : l’établissement est entièrement consacré à la romantasy. Une première dans le pays, née après plusieurs mois de pop-ups et portée par une communauté largement construite sur les réseaux sociaux.
Bad Girl Books, la première librairie 100% romantasy du Royaume-Uni
Installée au 29 Walton Street, dans le quartier de Jericho à Oxford, Bad Girl Books assume un positionnement particulièrement précis. Ici, pas de littérature générale ni même de rayon romance au sens large : la librairie se consacre exclusivement à la romantasy, genre à la croisée de la fantasy et de la romance.
À l’origine du projet se trouve Starlin Marot, une ancienne professionnelle du marketing tombée dans la romantasy après sa lecture d’A Court of Thorns and Roses de Sarah J. Maas. Elle commence ensuite à partager sa passion pour la reliure et les livres sur TikTok, avant d’imaginer un lieu physique consacré à cette communauté très présente en ligne.
Bad Girl Books veut notamment donner davantage de visibilité aux auteurices indépendant.es et aux titres moins connus, aux côtés des grands succès du genre et des éditions spéciales. L’objectif revendiqué par sa fondatrice est également de créer un espace sans jugement autour de lectures encore régulièrement dévalorisées, notamment lorsqu’elles accordent une place importante à la romance ou à la sexualité.
Des dragons à la monster romance : une librairie pensée selon les codes BookTok ?
Le concept se retrouve jusque dans l’organisation des rayons. Plutôt que de s’en tenir uniquement aux classifications traditionnelles, Bad Girl Books reprend certains codes utilisés par les communautés de lecteurices en ligne.
On peut notamment y chercher ses prochaines lectures du côté des faes, des dragons, de la dark romantasy ou encore du « Monster Smut », tandis qu’une section « Unhinged » rassemble des titres particulièrement décalés.
Une manière de transformer les habitudes de recommandation de BookTok et Bookstagram en expérience physique : lea lecteurice peut venir chercher une ambiance, une créature ou un trope plutôt qu’un titre ou un auteur précis.
Aux livres s’ajoutent également des éditions spéciales, ouvrages signés et produits dérivés, avec une volonté affichée de travailler avec de petites entreprises et de faire de la boutique autant un lieu de découverte qu’un espace consacré au fandom.
De TikTok à une véritable librairie : un projet porté par la communauté
Avant de s’installer définitivement à Oxford, Bad Girl Books a d’abord testé son concept à travers plusieurs librairies éphémères consacrées à la romantasy.
Le premier pop-up a rapidement donné une indication sur la demande : selon Starlin Marot, plus de 900 places ont été réservées en trois jours, tandis que l’événement aurait généré plus de 21 000 livres sterling de chiffre d’affaires en seulement deux jours.
Le passage d’une communauté numérique à un commerce physique apparaît ainsi comme l’une des particularités du projet. La fondatrice reconnaît elle-même le rôle déterminant de BookTok dans son développement : Bad Girl Books est autant le résultat de l’explosion commerciale de la romantasy que de la volonté de ses lecteurs de retrouver hors ligne les communautés constituées sur TikTok, Instagram ou YouTube.
Plus de 50 auteurices attendues pour célébrer l’ouverture
Pour son lancement, la librairie a d’ailleurs misé sur l’événementiel avec un Grand Opening Summer Romantasy Festival, organisé chaque week-end de juillet et août 2026.
Plus de 50 auteur.ices doivent participer à des séances de dédicaces et rencontres tout au long de l’été. La demande a été suffisamment importante pour que l’organisation prévienne les visiteurs que des files d’attente peuvent subsister malgré la mise en place de créneaux horaires.
L’ouverture de Bad Girl Books dépasse donc la simple arrivée d’une nouvelle librairie indépendante. Elle illustre surtout la place prise par la romantasy dans l’industrie du livre britannique et la façon dont les communautés littéraires nées en ligne commencent à façonner des espaces physiques entièrement pensés autour de leurs pratiques.

